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Spartathlon : Stéphane dieu de l'olympe!
Spartathlon : Stéphane dieu de l'olympe!


246kms parcourus en moins de 36h, voici l’incroyable défi que vient de relever Stéphane Delmas, membre du team Isostar. Voici son récit

D’où vient le Spartathlon ? Un peu d’histoire …


Sur les traces de Phidippidès… 490 av JC : les Perses tentent d’envahir la Grèce. Les Athéniens qui ont du mal à résister à cette intrusion et à la puissante armée adverse se tournent alors vers leur meilleur coursier, le dénommé Phidippidès. Ce dernier est chargé d’aller jusqu’à la cité de Sparte afin de trouver le roi Léonidas et de lui demander son aide. Phidippidès prend donc le départ au lever du jour le dernier weekend de septembre et parcours ainsi les 246 kms qui séparent les deux villes, à travers les monts du Péloponnèse, la chaleur, les difficultés pour s’orienter, se ravitailler, la gestion de course et d’alimentation mais aussi d’hydratation…
C’est pour toutes ces raisons que l’on rejoue chaque année cette épopée.


Stéphane, dans quel état d’esprit t’es tu rendu sur ce Spartathlon ?


Je suis parti en Grèce le mardi 20 septembre afin de rejoindre l’organisation du Spartathlon. La pression est grande car la préparation mentale et physique mais aussi matérielle m’ont demandé beaucoup d’énergie et je ne veux pas décevoir. Je ne veux pas me décevoir car on court avant tout pour soi-même !! Mais beaucoup de personnes m’ont également soutenu et m’ont fait confiance dans cette aventure comme mes parents, ma famille, mes amis, mes sponsors et mon club.
J’étais confiant en mon choix. Participer, se lancer est déjà un défi. Mais face à cet inconnu : que faire, quel matériel utiliser, quel produits énergétiques préférer et à quel moment, quel matériel placer aux divers Check Points et à quels endroits, comment gérer la course, les écarts de températures ….prévoir l’imprévisible afin de se donner un maximum de chance de voir la statue de Léonidas à Sparte.


7h00 du matin, le 30 septembre au pied de l’Acropole d’Athènes, quelles sont tes sensations ?


Le jour va bientôt se lever et les fauves vont pouvoir s’élancer vers leur but, leur grâle. L’atmosphère est curieusement détendue, on parle avec ces coureurs venus du Japon, d’Argentine, du Canada, de Nouvelles Zélande, …
Dernières photos, il est 7h00 et le décompte est lancé. Ça y est, on y est, ce moment tant attendu, espéré, rêvé et j’y suis….il ne reste plus qu’à gérer la course. 370 coureurs partent et on discute encore dans les rues de la capitale.


Raconte-nous le début de la course


Les carrefours sont fermés à la circulation mais les véhicules ne klaxonnent pas. Les chauffeurs sortent parfois même de leur véhicule pour nous applaudir. Les kilomètres s’enchainent et les moteurs ronronnent, la pollution se fait sentir comme les gaz d’échappement.
La sortie de la ville nous conduit en bord de mer. La vue y est plus agréable. Les pauses aux CP ne sont pas longues, même si aucun d’entre nous ne sautent de ravitaillement. Il ne s’agit pas de commencer la déshydratation pour 2 minutes de gagnées !!
Les faux plats arrivent en bords de mer et le travaille de sape débute. La chaleur est présente déjà ce matin vers 9h00 (à 8h30 il faisait 23°C).


Déjà 42kms de parcourus …


10ème CP : je viens d’effectuer mon premier marathon. Plus que 5 marathons pour en finir ! Nous sommes au 42ème KM et ma montre indique  4h15’ de course. Je suis bien. Cet échauffement m’a plu. Prochain gros point de passage : le canal de Corinthe où un beau ravitaillement m’y attend. C’est aussi à cet endroit si attendu que les coureurs abandonnent. En effet, nous serons alors au tiers de la course et tout le monde calcule ainsi. Personne d’entre nous n’est serein. Les jambes seront déjà bien sollicitées, et les questions fusent dans ma tête.
Effectivement le CP 22 arrive. Kilomètre 81. Ahhhh !! J’arrive à temps et même avec 1h30 d’avance. Je prends le temps de me soigner les pieds car malgré le tannage des pieds ceux-ci ont souffert. Je me ravitaille et repars. Pas le temps de réfléchir et de se poser la question « je n’ai  fais que 81 kms et ils m’en restent 165…vais-je tenir avec cette fatigue, ces pieds, ce mental ??? »


La barre des 100kms est franchie …


Et puis, les routes laissent place parfois à des chemins caillouteux qui déstabilisent encore un peu plus nos corps. Je me fixe des objectifs courts, accessibles et tente d’apprécier ces moments privilégiés afin d’oublier les souffrances. Je vogue de CP en CP et calcule perpétuellement ma situation ; suis-je dans le tempo imposé, ai-je perdu du temps, qu’est ce qui m’attend ensuite, est ce vallonné, devrai je quitter ce chemin pour prendre telle direction, …
Ne pas se perdre est également un maître mot car au vu de notre vitesse, les kilomètres supplémentaires  se transforment à l’arrivée en demi-heure de perdue !! Les difficultés s’accroissent avec la forte chaleur l’après midi, la fatigue accumulée, mais aussi les pentes qui s’accentuent. Le Péloponnèse est là.


124 kms, Check-point 35


Au CP 35, KM 124, je fais à nouveau une pause afin de constater les dégâts du tracé sur mes pieds douloureux. Effectivement ! Les ampoules sur mes orteils sont impressionnantes. Mais j’ai perdu du temps. Me soigner me demanderait 15 minutes…..que je ne peux pas concilier. Je décide de remettre me chaussettes et mes chaussures, de me ravitailler en soupe pour refaire le plein de sels….et je verrouille le cerveau. Si je gagne un peu de temps je pourrai alors me soigner au KM 172 qui sera mon prochain arrêt important.
 
Et puis vient la nuit …


La météo annoncée est bonne : 10°C avec ciel dégagé. Les kilomètres passent, doucement, presque sereinement. Je rencontre parfois un Français et discute 2 minutes avec lui. C’est toujours agréable de briser le silence et de constater et que l’on n’est pas seul à souffrir.
La montagne est face à nous. 800 m de dénivelé positif à avaler dans cette nuit fraiche et ventée. En fait il y a beaucoup de vent. Tellement que je prends un sac poubelle afin de me protéger des rafales. La pente est raide et technique. Les cailloux me transforment en pantin désarticulé. Je vacille et tente de me rattraper avec mes jambes meurtries.


En pleine nuit, les conditions météo se durcissent


Arrivée au sommet, juste le temps de se faire contrôler et je ne saute pas le ravitaillement. Le froid me saisi le corps. Je suis gelé. Il fait près de 0°C. Je descends comme je peux mais les cailloux me rendent cette tache vraiment difficile, à la limite du supportable. Mes pieds butent dans mes chaussures et les ampoules amortissent les chocs ! Mes cuisses me rappellent que l’on a effectué les 2/3 du circuit !
Les diverses douleurs m’ont certainement obligé à compenser et à courir un peu désaxé afin d’amoindrir involontairement ces souffrances. Ceci a pour conséquence malheureuse que mon genou droit se bloque, j’ai les tendons en feu et ma cheville droite me lance des appels de secours.
Je perds un temps précieux. Toute mon avance a fondue dans cette montagne car je m’aperçois avec stupeur qu’il me reste 4 minutes d’avance en bas de la montagne !! Je me jette alors dans une course effrénée. Je ne peux pas me permettre d’être arrêté ici. Non ! Pas ça !!


Le second souffle …


Ma course est alors plus rapide, j’essaye de me concentrer sur ma technique, d’avoir un maximum de rendement sans pour autant me lancer dans une dernière ligne droite suicidaire de 80 kms. Je regagne à nouveau du temps. Le jour se lève. J’ai encore mon sac poubelle sur moi car il fait froid. Je veux garder des précieuses calories.
Les CP s’enchainent sur ce bitume où l’on côtoie des véhicules qui parfois nous rasent et parfois nous encouragent. Mon prochain objectif est de ne pas me faire arrêter avant le 200ème KM. Cette barrière est loin d’être accessible. 190 kms : je n’ai jamais couru autant de suite (ma plus longue course  était de 186kms). Je m’approche de cette barrière symbolique tandis que la chaleur attend les coureurs qui se sont mal réhydratés la nuit.
Les abandons se succèdent. Le bus qui récupère les derniers coureurs me passe de CP en CP. Je ne veux pas monter dedans. La pression est omniprésente. Je n’ai pas beaucoup d’avance et le terrain n’est pas favorable, même s’il me reste un marathon.


Plus qu’un marathon à effectuer !!!


Juste 42 kms à souffrir… dans toute une vie, ce n’est rien ! Je suis content d’avoir franchi 210 kms, c’est plus que mon ami qui a tenté à 9 reprises cette course et qui a atteint au mieux 206 kms ! Mais le but est de finir.
J’ai 8 minutes d’avance pour 20kms. Je suis presque au bout. Il ne faut rien lâcher. Mais malgré tous ces efforts de concentration, de persévérance, …le bus mange de plus en plus de coureurs. Il me reste un col à franchir avant la descente sur Sparte. Les routes sont de longues lignes droites qui deviennent un circuit de Formule 1 pour automobile et un terrain de jeu pour escargots bipédiques épuisés.


Dernière ligne droite …


La fin du col approche. J’ai tenu à trottiner dans cette montée. Cela m’a permis de gagner un temps plus que précieux.
La descente finale est là. Ce n’est pas encore la délivrance car rien n’est joué. Les chocs de la route me tiennent éveillé. J’aperçois Sparte. Mon rêve approche mais il faut encore tenir.
73ème CP. Encore un CP et après ce sera alors la délivrance finale. Je me réhydrate fortement car je ne veux surtout pas avoir des crampes qui me cloueraient au sol. J’ai bu près de 10 litres d’eau. Mon abandon suite à de terribles crampes à une compétition de 24heures en mai dernier m’a fait réfléchir et j’y ai pensé longtemps pendant ce Spartathlon.
La descente est terminée. Je vois le dernier CP. Il reste 2,4 kms. Mais en réalité…..c’est 1,9 kms de plus car après 2,4 km nous sommes simplement en centre ville ! Heureusement j’ai encore un peu d’avance. Les dernies concurrents  se font arrêter justement à 2 kms de l’arrivée, après 245 kms !!


Et la ligne d’arrivée approche


Les spartiates nous acclament de toute part. Les habitants nous accueillent avec une grande émotion. Tous les véhicules qui nous croisent nous klaxonnent. Dernier virage, dernière ligne droite. La statue du Roi Léonidas est là, je la vois. Cette statue de bronze est notre victoire, notre ligne d’arrivée.
Je frappe dans les mains des gens qui jalonnent cette fameuse avenue. Je stoppe mon chrono. Je peux marcher librement. Une jeune femme me tend un vase antique afin de boire une gorgée d’eau fraiche. Une autre femme me remet une couronne d’olivier et enfin, enfin, je peux accéder à la statue pour embrasser les pieds de Léonidas en signe de victoire.
C’est ma victoire, ma délivrance : je l’ai fait. Je l’ai couru, en 35h50’40’’, 139ème. Un symbole fort que ce cérémonial mais qui prend une toute autre valeur quand on a accompli ce périple vieux de 2500 ans.
Sur les presque 400 au départ, seuls 143 coureurs ont baisé les pieds de la statue,
Définitivement, c’est une course à part, hors norme, qui laisse des traces indélébiles dans le cœur des coureurs, marqués alors à vie par l’aventure de Phidippidès.


Remerciements


Armée de Terre, Ecole d’Etat Major de Compiègne, ISOSTAR mon partenaire en nutrition sportive, Technipropre, la Ville de Compiègne, GMF assurance de Compiègne, GMPA (Mutuelle militaire), Blanchisserie AJ de Compiègne, Pizza Times de Compiègne.
Et aussi ma famille et mes amis, mon club de Noyon Passion Triathlon et tous ceux qui m’ont soutenu de près ou de loin dans ce fabuleux défis.    
 

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